L’ITURI, NOUVEAU FRONT DE L’INSÉCURITÉ : LE MÊME PLAN, MAIS AVEC DES ACTEURS DIFFÉRENTS
L’Ituri connaît depuis plusieurs semaines une recrudescence des violences armées dans les territoires de Djugu, Irumu et Mambasa. Les attaques attribuées à la CODECO et aux ADF ont causé de nombreuses pertes humaines parmi les civils. Cette situation rappelle le cycle récurrent d’insécurité qui frappe l’Est de la RDC depuis des décennies. Face à cette crise, l’article souligne la nécessité de dépasser les réponses temporaires pour mettre en place une stratégie nationale durable combinant sécurité, justice, développement et cohésion sociale. La paix durable ne pourra être obtenue que par une mobilisation des Congolais eux-mêmes autour d’un projet national fort.


L’ITURI, NOUVEAU FRONT DE L’INSÉCURITÉ : LE MÊME PLAN, MAIS AVEC DES ACTEURS DIFFÉRENTS
À l’Est de la République démocratique du Congo, l’histoire semble se répéter sans cesse. Les acteurs changent, les groupes armés se transforment, mais les conséquences restent les mêmes : des populations massacrées, des villages détruits et des milliers de familles plongées dans la peur.
Comme le dit un adage bien connu : « L’ennemi ne recule jamais. » Il change de stratégie, adapte ses méthodes et exploite les faiblesses du moment, mais il ne renonce jamais à ses objectifs.
Depuis la fin du mois d’avril et le début du mois de mai 2026, la province de l’Ituri est confrontée à une nouvelle vague de violences particulièrement meurtrières. Les territoires de Djugu, Irumu et Mambasa ont été le théâtre d’attaques sanglantes ayant causé la mort de nombreuses personnes.
Dans le territoire de Djugu, plusieurs massacres attribués à la milice CODECO ont fait des dizaines de victimes parmi les populations civiles. Dans le même temps, les ADF, groupe armé d’origine ougandaise affilié à l’État islamique, ont poursuivi leurs attaques contre les habitants de Biakato et d’autres localités de la région.
Face à cette situation, une question revient avec insistance : pourquoi le même scénario semble-t-il se reproduire continuellement dans l’Est du pays ?
Depuis plusieurs décennies, cette partie de la RDC vit au rythme des conflits armés, des déplacements de populations et des crises humanitaires. Pour beaucoup de Congolais, l’Est du pays donne parfois l’impression d’être condamné à vivre dans un cycle permanent de violence.
Pourtant, cette fatalité ne doit pas être acceptée. La véritable question est désormais de savoir comment briser définitivement ce cercle vicieux et garantir la sécurité des populations.
La réponse ne peut pas se limiter aux opérations militaires ponctuelles ou aux condamnations de circonstance. Elle exige une stratégie globale intégrant la sécurité, le développement économique, la justice, la cohésion communautaire et le renforcement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national.
Plus que jamais, l’urgence est réelle. Chaque jour qui passe sans solution durable expose davantage de familles aux massacres, à l’exil et à la souffrance.
L’avenir de l’Ituri, comme celui de tout l’Est de la RDC, dépendra de la capacité des Congolais à construire des réponses nationales solides et durables. Car, au final, la solution ne viendra pas d’ailleurs. Elle devra être portée par le peuple congolais lui-même, dans un esprit d’unité, de responsabilité et de souveraineté.
À suivre...
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